ESPRIT SHAMAN
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Les images se multiplient, fugaces et vives,
Insaisissables demeures des richesses éternelles
D'un esprit qui contemple loin du temps
Tous les mondes possibles
L'Esprit Shaman
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Le chamanisme, il faut le créer, l'inventer. Il n'existe pas en tant que formule, en tant que temple, en tant que système. C'est une réanimation permanente du vivant.
Luis Ansa, le Secret de l'Aigle

.L'homme succombera, tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation. J. H. Fabre



LE VOL MAGIQUE DU SORCIER



(Extrait de la revue archéologia N°240, nov. 1998)

Dans toutes les traditions, le sorcier a toujours eu la faculté de voler. Le vol magique constitue l’un des moyens d’assurer «  la sortie de soi-même », le passage d’un monde à l’autre. A cet égard on constate que nombre de héros de la mythologie chinoise sont décrits comme capables de voler. Cet attribue surnaturel qui est exceptionnellement conféré à l’homme, ce pouvoir que les instances divines lui délèguent, c’est afin qu’il puisse restaurer un peu du temps mythique primordial, alors que l’harmonie régnait sur terre, en prenant les apparences de l’oiseau.
[…]
On savait par les textes chinois classiques que chamanisme, sorciers et exorcismes existaient dans la Chine* ancienne sans toutefois être en mesure de les situer dans le temps et dans l’espace, et de déterminer avec précision le champ de leurs activités.
Pour que les esprits et les divinités puissent se manifester dans le monde terrestre, il leur faut un support, un réceptacle et c’est le chaman ou le sorcier qui remplit cette fonction. La source de ce pouvoir magique réside traditionnellement aussi bien chez les hommes que chez les femmes, mais il est vrai que le rôle mythologique de la femme est souvent réduit dans le monde comme le constate Mircea Eliade (Le Chamanisme). Cependant il semblerait, dans le cas de la Chine -et il y a peut-être là trace de temps matriarcaux- que ce fût souvent un rôle dévolu aux femmes ; nous en avons pour preuve les textes qui abondent en descriptions de cérémonies chamaniques attestant la présence de sorcières et de chamanes.
Le rituel des Zhou décrit les sorcières comme « étant chargées des cérémonies conjuratoires » (…), sorciers et sorcières s’occupent principalement de « faire descendre les esprits ». En effet, lorsqu’il y a mort d’homme, les os et la chair descendent dans la terre, tandis que l’âme, elle, remonte au ciel. Les esprits et les hommes peuvent ainsi entrer en communication, sorciers et sorcières sont là pour faciliter l’échange. […]
C’est le « Classique des Rites » qui nous apprend que l’on faisait chasser par un magicien les esprits malfaisants loin du cercueil. Le sorcier ou la sorcière, était muni d’une branche de pêcher, tandis qu’un deuxième personnage, l’invocateur, était muni d’un balai de jonc. A eux deux, ils conjuraient l’action maléfique des Esprits.
Quant au personnage principal des cérémonies d’exorcisme : le Fang-xiangshi (Maître des quatre directions ou Grand Préservateur) il est décrit dans le rituel des Zhou.
Le rituel des Zhou décrit ce personnage comme revêtu d’une peau de jeune ours** ornée de quatre yeux de métal jaune lui permettant de voir en même temps dans les quatre directions, et arborant des habits rouges et noirs. Il porte lance et bouclier, et dans les funérailles, il précède le cercueil jusqu’à la tombe afin d’inspecter celle-ci et vérifier si tout est conforme. Puis, lorsque le cercueil pénètre le caveau, il frappe alors les quatre angles de sa lance pour chasser les lutins malfaisants. Et c’est également au moyen de la danse, bouclier et lance à la main, qu’il peut entrer en transe et communiquer avec les Dieux.

Dans le Guang xi, une soixantaine de sites répartis sur 150 km dont on suppose que les auteurs des fresques sont peut-être les ancêtres des Zhuang, une minorité établie dans cette région.
Dans le Yunnan les fresques retrouvées sont peut-être l’œuvre des Wa établis des deux côtés de la frontière sino-birmane.

** Ayant réussi à entrer en transe par quelque moyen que ce soit, les chamanes de nombreuses parties du monde établissent une relation particulière avec un animal-esprit (*), ou parfois une plante, et ils en retirent une puissance surnaturelle. 

(*)Ce pouvoir est accessible par la pratique méditative, 
    cf. le réveil de l'ours 
A ce propos: "Dans les contes folkloriques européens, les abeilles, les ours et les sangliers sont décrits comme des psychopompes ayant la faculté de conduire les âmes dans l'autre monde. Selon la légende, un ours pouvait recueillir les âmes des humains dans son ventre afin de les y conserver en sécurité durant son hibernation. le printemps venu, il émergeait de sa tanière et absorbait une plante laxative afin de faire tomber le bouchon de poils et de plantes bloquant son anus pendant l'hiver, permettant ainsi aux âmes conservées en sûreté de retrouver leur liberté. le sanglier posséderait également des attributs de psychopompe distinctifs. Ses défenses ont la forme d'un croissant de lune et son museau noir se trouve symboliquement à mi-chemin entre la lune ascendante et la lune descendante, tout comme les trois nuits sans lune séparant la croissance et la décroissance de la lune. c'est en partie sur la base de cette observation que le sanglier est considéré comme étant un lien entre ce monde-ci et le royaume de la mort." (La voix chamanique de l'abeille, de Simon Buxton).

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