ESPRIT SHAMAN
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Les images se multiplient, fugaces et vives,
Insaisissables demeures des richesses éternelles
D'un esprit qui contemple loin du temps
Tous les mondes possibles
L'Esprit Shaman
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Le chamanisme, il faut le créer, l'inventer. Il n'existe pas en tant que formule, en tant que temple, en tant que système. C'est une réanimation permanente du vivant.
Luis Ansa, le Secret de l'Aigle

.L'homme succombera, tué par l'excès de ce qu'il appelle la civilisation. J. H. Fabre



LES PULLAVAN


Extraits du texte « Le Chants de Pullavan », (Kerala, Inde du sud), de Laurent Aubert. Pour la parie musical se référer au cd et au détail techniques du texte correspondant.

Les Pulluvan sont une communauté de bardes itinérants qui vivent éparpillés dans plusieurs districts de l'État du Kerala, en Inde du Sud. Jusqu'aux réformes sociales ayant suivi l'in­dépendance de l'Inde, ils faisaient partie des castes considérées comme intouchables, ce qui explique qu'aujourd'hui encore, ils habitent souvent dans des quartiers réservés, situés en marge des agglomérations villageoises. Ce sta­tut était notamment déterminé par le fait qu'ils étaient – et sont toujours – des spécialistes du culte des nâga   (aussi appelés pâmpu ou sarp­pam), les dieux-serpents, êtres ambivalents, mi-divins, mi-démoniaques, dont la fréquentation a toujours été considérée comme dangereuse. En dépit de leur condition sociale peu enviable, les Pulluvan jouissent de ce fait d'un certain prestige et d'une considération particulière dans la société rurale du Kerala. Le «culte des cobras» (nâgârâdhana) est d'ailleurs très répandu, non seulement au Kerala, mais dans l'Inde entière, en particulier au Rajasthan et dans le nord-est du sous-continent. Les Pullu­van sont en particulier les officiants de rituels appelés pâmpin-tullal, qu'ils pratiquent pour le compte de familles appartenant à des communautés non brahmaniques, mais hiérarchi­quement supérieures à la leur, notamment les Nâyar, qui forment aujourd'hui la majorité de la «classe moyenne» du Kerala, et les Izhava, dont la plupart sont agriculteurs.

Contrairement à la plupart des autres com­munautés de chanteurs et de musiciens, les Pulluvan partagent leurs attributions musicales et rituelles avec leurs femmes, les Pulluvatti. Ensemble, ils officient en diverses occasions : tout d'abord dans les temples consacrés aux nâga, où ils ont notamment la responsabilité de chanter quotidiennement leurs louanges afin de les apaiser et d'invoquer leur protection. Cer­tains Pulluvan sont rattachés en permanence a l'un ou l'autre de ces lieux saints, qu'il s'agisse de modestes autels villageois ou de grands sanctuaires attirant régulièrement d'innom­brables pèlerins comme Mannarasala, dans le district d'Alappuzha, ou Ochira, dans celui de Kollam. Les Pulluvan et les Pulluvatti exercent aussi leur art, le plus souvent individuellement, en proposant leurs services aux demeures fami­liales, afin d'appeler la bénédiction des nâga sur ceux qui le souhaitent, pour eux ou pour leur descendance, en vue d'une guérison ou d'une grâce particulière.

Dans l'ensemble, les transcriptions des termes vernaculaires respectent la graphie du malayalam, mais sous une forme simplifiée. Nâga a cependant été préféré à nagâm, cette graphie issue du sanscrit étant fréquemment utilisée dans la littérature indianiste.






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